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GUYANE

port-de-desgrade-de-cannesVous parler de la Guyane en des termes élogieux m’est difficile. En effet, à l’heure où j’écris ces lignes, nous avons déjà visité le Surinam, pays voisin encore appelé Guyane Hollandaise, qui mérite davantage nos éloges. Ces 2 pays, comparables du point de vue géographique, population, ressources… suivent des voies totalement différentes sur le plan politique. L’un est sous perfusion avec une armée de fonctionnaires payés par la métropole et un bataillon de Rmistes également payés par la métropole. Le résultat est un pays, pardon un département assoupi, où les prix sont artificiellement  élevés et dont l’avenir dépend entièrement de Paris. L’autre s’est offert une révolution après le départ des Hollandais. Du sang et des larmes est né un pays prospère, où personne n’est assisté et donc tout le monde travaille. L’entreprise privée y est  encouragée, les prix sont très bas. Le résultat est sans appel : la prospérité du Surinam fait plaisir à voir et plus que tout leur avenir est entre leurs mains, mais… je déborde de mon sujet, Marie-Laure vous en dira plus dans un prochain post.

port-de-cayenneRevenons donc à la Guyane Française. Notre première surprise est de découvrir la « marina » si loin de Cayenne (15km), perdue au fond d’une rivière et pratiquement coupée du monde. Nous apprendrons plus tard que le port de Cayenne est totalement envasé, bientôt personne ne se souviendra du dernier bateau ayant accosté ici.

La marina est un peu à l’image du pays : on reçoit sans rien donner, c’est-à-dire que les occupants exigent la place, l’eau, l’électricité et se sont regroupés … pour ne pas payer !!! Les autorités ont depuis longtemps renoncé à exiger le paiement des droits de passage mais continuent à fournir gratuitement  l’eau et l’électricité à tous. En fait, ce n’est pas tout à fait vrai : il paraît que les étrangers, surtout les Anglo-saxons, font l’effort d’aller à la capitainerie et sont assez c… pour payer alors qu’on ne leur demande rien, dixit un occupant-clochard, là depuis 6 ans… ! Consternant, non ? bateau-ventouseLe résultat est bien entendu ubuesque. Des bateaux- ventouses s’accumulent sur les pontons, deviennent peu à peu des bateaux- poubelles puis des bateaux- épaves. Les occupants sont en voie de clochardisation avancée et on sent tristement que beaucoup ne repartiront  jamais. Cette situation  a aussi attiré des pêcheurs brésiliens qui en ont fait leur base et qui occupent gratuitement une bonne partie des places, tout en vendant leurs poissons à des tarifs européens.  Vous l’avez compris, les places au ponton si recherchées pour l’eau et l’électricité  sont introuvables, sauf en s’imposant à couple d’un squatteur et en provoquant à coup sûr son irritation.

Cayenne

Nous avons  longtemps cherché le centre ville la première fois  à vélo, non pas que la ville soit grande mais aucun quartier ne semblait avoir l’animation ou la configuration d’un  centre ville. Ce détail mis à part, nous avons tout de même beaucoup apprécié de parler français et de retrouver des produits bien de chez nous. Je ne peux cependant  m’empêcher de comparer  le français sommaire, première langue des  Guyanais  avec l’ anglais, 2ème ou 3ème langue des Surinamiens. Le Mammouth (l’Education Nationale) n’a apparemment pas la solution. Je vous livre le résultat entendu à la radio d’un sondage auprès de jeunes Guyanais sur ce qu’ils aimeraient  faire plus tard : beaucoup ont répondu RMiste  comme  leurs parents ! On comprend mieux que le Mammouth s’arrache les cheveux…

Centre spatial de Kouroucentre-spatial-guyanais_resize1

La visite du centre spatial et du musée de l’espace nous ont beaucoup impressionnés. Dommage que nous n’ayons  pas pu assister à un lancement d’ Ariane 5, le prochain est prévu pour mi-mai, c’est très loin. Nous en repartons avec un sentiment légitime de fierté. Petit bémol cependant : le programme européen tourne essentiellement autour du lancement de satellites de communication  /  observation. C’est bien mais où est la part du rêve ? Les Américains nous avaient fait rêver avec Apollo, Baudry réclame depuis des années un programme ambitieux, fédérateur, la conquête de Mars par exemple. Il a probablement raison.

Visite de Cacao-village Hmong

Les Hmongs sont un peuple originaire de Mongolie. Au cours des siècles, ils ont migré à travers l’Asie, principalement en Chine et dans la péninsule Indochinoise. Au Laos, ils habitaient les régions montagneuses où ils étaient  des agriculteurs pacifiques, alliés des Français puis des Américains. A la chute de Saïgon, en  1975 le Viet-minh  programme leur extermination, la communauté internationale s’émeut, comme on dit, et la France leur offre l’asile… en Guyane où quelques milliers  d’entre eux s’installent en 1977. Ils y fondent plusieurs villages et prospèrent en vivant de l’agriculture et de l’artisanat. marche-hmong_resize1Visiter un de leur village perdu dans la jungle a été un moment inoubliable. On se trouve tout à coup plongé en Asie, avec cette atmosphère si particulière. Ce sont des travailleurs infatigables, on le sait mais malheureusement leur prospérité risque de faire des jaloux. En tout cas, Giscard a été bien inspiré de les accueillir en Guyane plutôt que dans une de nos banlieues, ils y sont bien plus heureux !

Les îles du Salut – le bagne cimetierre-de-iles-du-salut_resize1

Les îles du Salut (île du Diable, Saint Joseph et Royale) constituent un petit archipel à 12 km de Kourou où étaient déportés les « indésirables » pendant environ 1 siècle. C’est avec  émotion  que nous avons visité ce qui reste des installations du bagne. Deux sentiments opposés m’obsèdent tout au long de ces 2 jours de visite. Le premier est négatif, dans notre mémoire collective, le bagne est synonyme de honte, d’échec complet de la politique carcérale de l’époque, le monde occidental nous reprochant cette verrue honteuse jusqu’en 1946. Le second sentiment est que cela aurait pu être un succès. Après  tout les Anglais à la même époque déportaient leurs « indésirables » en Australie et on voit aujourd’hui les descendants de ce peuple de bagnard qui ne se porte pas si mal. Alors pourquoi cet échec en Guyane ?  Le climat, les maladies tropicales ont fait des ravages, c’est sûr mais à part ces aspects, les conditions de vie ne paraissaient pas pire que les prisons de métropole de l’époque. Les travaux forcés consistaient essentiellement à aménager les îles : routes, chemins, bâtiments, hôpital, église, école… La construction même forcée de tous ces bâtiments était-elle pire que l’oisiveté et la solitude dans une cellule dans une prison classique ?  Je me hasarde à une tentative de réponse à l’explication de cet échec : peut-être a - t-il manqué dans ce projet de réinsertion  qu’était le bagne où l’on bénéficiait d’une semi- liberté tout simplement la présence de femmes ?
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PASSAGE DE L’ EQUATEUR

Ce grand évènement pour les nouveaux marins que nous sommes,  n’a pas été fêté comme il ce doit.

Il faisait nuit, la mer était houleuse, il y avait des rafales jusqu’à 30 nœuds, nous naviguions au près, l’inconfort prédominait. Luc avait une fièvre de cheval (nous suspections la dengue), Bastien  dormait et j’avais un furieux mal de tête…

Le passage de la ligne passa inaperçu sur plusieurs miles aux malheureux que nous sommes. ..

J’avais imaginé tout autre chose : sous l’équateur on était bien entendu en maillot, il faisait beau et chaud et jour aussi. Je ne portais pas une polaire et ne cherchait pas à m’emmitoufler dans un sac de couchage pendant mon quart…

 

 

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AMAZONE

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Remonter l´Amazone sur des bateaux locaux sur 1000 km nous tenait à coeur et nous ne voulions pas quitter le Brésil sans vivre cette expérience. Nous avons quitté le Rallye officiellement, avec 3 autres bateaux dont les équipages nous accompagnent dans cette aventure au coeur de l´Amazone.

Nous embarquons sur le Nelly Coréo pour une navigation de 2 jours et 3 nuits qui nous conduira à Santarem.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA         Nous avons réservé des cabines mais je préfère dormir sur le pont dans un hamac avec les autres passagers. Ce voyage est l´occasion de cotoyer une population des plus hétéroclites, le manque de place ajoute à la promiscuité et les orages successifs maintiennent une atmosphère humide permanente. L hygiène à la fin du voyage laisse vraiment à désirer et nous sommes soulagés d´arriver à Santarem.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA         Les villages que nous rencontrons sur notre route, vivent essentiellement de pêche et de cuillette et les navires montant et descendant l`Amazone remplis de voyageurs sont le moyen principal pour écouler leurs récoltes. Le problème est d´aborder les bateaux qui sont beaucoup plus rapides que leurs pirogues. Nous avons assisté à de nombreuses reprises à des séances d´abordage, dignes des commandos de marine qui nous ont stupéfaits. Les frêles pirogues , conduites  le plus souvent par des  enfants de 12-13 ans, se précipitent vers notre étrave. Au dernier moment, le barreur souvent une fille fait pivoter la pirogue, profitant de la vague d´étrave pour prendre de la vitesse. A ce moment, l´équipier à l´avant lance un grapin vers n´importe quelle structure du bateau pouvant l´accrocher. En cas de succès l´accélération est foudroyante et il faut rapidement amarer la pirogue en soulevant  son étrave sous peine de la voir rapidement se remplir d´eau. L´habileté et la témérité de ces enfants vraiment stupéfiantes étaient heureusement récompensées : ils vendaient en général rapidement leurs produits.

Arrivée à Santarem

A Santarem, un autre bateau beaucoup plus petit nous attend avec son équipage : le capitaine, un matelot, un guide et une cuisinière. Ce sera notre hotel et notre moyen de transport pendant les 4 jours que nous passerons dans la région. Au programme : OLYMPUS DIGITAL CAMERA

- une journée de marche dans la jungle avec un guide qui nous montrera toutes les ressources de cette forêt amazoniènne.

- une soirée dans une tribu d´Indiens où nous assisterons à un rituel ancestral.

Au crépuscule, des pirogues sont venues nous chercher pour nous mener à leur village à travers un dédale aquatique et après une marche dans la jungle à la lueur de flambeaux. Nous débouchons dans une clairière bordée de huttes et au centre de laquelle crépite un grand feu. OLYMPUS DIGITAL CAMERA         Il règne une atmosphère ambigüe, est-ce une mise en scène pour touristes ou est-ce une authentique cérémonie ? Nous resterons avec nos doutes jusqu´au lendemain où Jean-Pierre, un Suisse installé ici depuis 30 ans pour défendre la cause des Indiens et de la forêt amazonienne nous affirmera que la cérémonie  à laquelle  nous avons assisté la veille était bien authentique. Elle se tient tous les mois à la pleine lune et rend hommage à PUTAN, dieu de la forêt, de l´eau et de la fertilité, par des danses et des offrandes. Ces cérémonies, longtemps interdites par le gouvernement brésilien avaient lieu secrètement au plus profond de la forêt. Depuis quelques temps, les Indiens acceptent de les partager avec quelques touristes : c´est pour eux l´occasion de faire connaître au monde leurs causes, de vendre leur artisanat et de ne plus dépendre exclusivement des ONG.

Du reste de notre séjour en Amazonie, nous garderons surtout l´image d´un pays inondé. Il tombe quotidiennement des quantités d´eau impressionnantes qui feront probablement un jour la richesse de ce pays.

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BELEM

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OLYMPUS DIGITAL CAMERA         Bélem dans la baie de Guaraja  à l´entrée du delta de l´Amazone se trouve à 60 mn de Souré, nous nous y sommes rendus en convoi, une vedette de la police nous ouvrait la route. Nous mouillons devant un hôtel avec piscine, connexion internet, etc…  Seul bémol, le bel hôtel est situé à la périphérie de la ville dans une  banlieue où l´on s´entretue sans état d´âme, l´hôtel est gardé par des militaires en arme et la police patrouille…   nous sommes sous bonne garde.

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Heureusement, le centre ville est accueillant, de beaux monuments, d´agréables espaces verts, un marché  étonnant de poissons, légumes et autres produits frais, un parc zoologique très intéressant. OLYMPUS DIGITAL CAMERA         Au lever du jour sur une petite île en face de Bélem nous avons pu admirer un envol de perroquets entre 1500 à 3000 oiseaux s´ébattaient à la cime des arbres et dans le ciel afin de retrouver leur compagnon ou compagne et aussi parfois des jeunes encore célibataires. Une fois en couple, ils partent pour la journée et retournent le soir dormir sur l´île dans les arbres. Ce  fut un spectacle particulièrement étonnant…

Nous partons de Bélem demain pour une semaine environ en laissant le bateau au mouillage devant l´hôtel. Un périple avec les moyens locaux  nous attend sur l´Amazone… Nous ne partons pas seuls mais avec de nouveaux amis rencontrés sur le Rallye du Soleil. Avec eux, nous quittons le Rallye où nous avons pourtant été si bien accueillis…

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SOURE

il faut faire avec la pluie       LE CIEL EST NOIR SUR SOURE

Depuis que nous sommes arrivés, il pleut, c’est le déluge. Nous restons avec nos vêtements mouillés que les k-ways et ponchos n’ont pas su protéger. Les habitants de Souré continuent de vaquer à leurs occupations sans se soucier de la pluie en se protégeant à peine, quelques parapluies pour les demoiselles, des enfants font du vélo en maillots, ici on fait avec… car à Souré, île de l’entrée du delta de l’Amazone, c’est la saison des pluies et en février, il pleut autant qu’en France toute l’année. Nous remplissons nos réservoirs de l’eau venue du ciel, c’est déjà ça.

histoire d eau           Nous avons mis 4 jours et demi pour venir ici depuis Fortaleza, 690 mn au portant avec quelques difficultés dues à de très gros grains…  nous avons navigué entre 30 et 40 mn au large et cependant rencontré une grande quantité de petites embarcations de pêcheurs équipées  de façon très rudimentaire ainsi que des petits chalutiers, la nuit il fallait les éviter et slalomer un peu. Nous nous sommes inquiétés quelques fois, les pêcheurs prenant des airs de pirates. Les bateaux arrivaient face à nous, s’écartaient à la dernière minute pour mieux nous suivre ensuite. Etaient-ils réellement mal intentionnés ou protégaient-ils simplement leurs lieux de pêche et leurs filets ?  Rien n’est sûr mais une fois, la poursuite dura pas loin d’une heure…

fazenda         A Souré, nous profitons d’un mouillage calme, à quelques centaines de mètres des dauphins roses à bosse ont élu domicile, aidés en cela par la population qui les nourrit. Le carnaval bat son plein et on peut tous les soirs y participer à condition d’avoir la tenue adéquate. Nous avons donc acheté des T-shirts verts avec une tête d’indien pour pouvoir nous insérer dans un groupe et avons essayé de suivre le rythme de l’orchestre, ce fut une très bonne soirée.

carnaval de Soure        Nous avons aussi beaucoup apprécié les deux jours que nous avons passés dans une fazenda, grande ferme de 600 hectares, 1500 vaches et 80 buffles. Là, nous avons vécu en osmose avec la nature, promenade à cheval, excursion sur la rivière pour mieux voir serpents, oiseaux, singes qui peuplent les lieux. Nous avons bien entendu goûté à tous les produits de la ferme dont le très riche lait de buffle…

buffle docile