Rêve de Lucos
LE REVE DE LUCOS
Pièce de théatre, écrite par Marie Laure et Luc. L’action se déroule à Athènes dans l’Antiquité dans une famille de tribuns …
Marie-Laure
Mon ami, vous voici, la tête pleine d’entrain
A vouloir imiter Ulysse votre cousin
Revenu depuis peu de voyages lointains
Dont la gloire naissante vous a déjà atteint
Profitons d’être seul, les enfants sont sortis
Parlons de cette envie qui vous prend trop l’esprit
Je dois vous dire mes craintes, car aucun ne vous suit
Que ce soit vos frères, vos sœurs ou vos amis
Luc
Ulysse a obtenu le soutien de sa reine
C’est vrai que le refus de ma famille me peine
Je suis seul désormais, ouvert aux quatre veines
A mener ce projet, avec tous ceux que j’aime
Marie-Laure
Mes racines sont sur terre et je ne suis pas prête
A affronter la mer, les pirates, les tempêtes
A vivre en vagabond autour de la planète
J’ai en moi pour l’instant, trop de craintes c’est un fait
Luc
Je dois vous rassurer : des techniques nouvelles
En secret mises au point, par des équipes fidèles
Vont donner à nos navires bien plus que des ailes
L’avenir sera fait de progrès éternels
Vos craintes de l’eau, ce sont celles de l’inconnu
Dans mes rêves les plus fous, je vous vois peu vêtue
Découvrant les abîmes, les poissons et tortues
Apprivoisant vos peurs désormais disparues
Vous craignez les pirates, les tempêtes que l’on subit
J’imagine que bientôt la science aura permis
De diminuer les risques, pour l’instant infinis
Des voyages lointains au retour indécis
Bastien
Chers parents, parlez-vous encore de voyage ?
Pour nous partir demande bien du courage
Quel ennui loin des amis de nôtre âge
Quelques jeux et livres comme seul bagage
Luc
Mon fils, toi l’héritier, point de pensées obscures
Sur l’île de Koh Lanta aux sombres créatures
Nous vivrons loin du monde de belles aventures
Dont le récit plaira aux générations futures
Clémentine
Soit, si nos esprits se voient bien nourris
Dites-moi si nos ventres le seront aussi ?
Nul jardin, étal, poulailler, ni laiterie
A n’en pas douter, nous reviendrons amincis
Luc
La mer et les tropiques regorgent d’abondances
Qui s’auront, j’en suis sûr, enfin ravir vos sens
Clémentine
Oh !
Luc
Ces derniers mots, j’en conviens, manquent d’élégance
L’enthousiasme m’égare, ayez de l’indulgence
Bastien
Pour nos études, qui sera notre maître ?
Clémentine
Qui m’apprendra, la broderie, les arts, les lettres ?
Marie-Laure
Pensez, pour une fille, vous pourrez tout connaître
Quel bonheur en tout lieu de pouvoir paraître
Des précepteurs, de grands savants, des érudits
Nous pourrons apprendre et rentrerons grandis
Clémentine
Mère, je veux bien penser que vous avez raison
Mais pour avoir des nouvelles de notre maison
Et de tous les êtres chers que nous laisserons
Il y aura bien peu de moyens qui soient bons
Luc
Ce serait vrai si nous comptions sur les pigeons !
Songez que bientôt les distances s’effaceront
C’est avec le monde que nous converserons
Vous pourrez avec tous partager vos passions
Isabelle
Père, à vous entendre parler, je manque d’air
Je ne puis penser partir sans mon doux Robert
Ne pourrait-il nous suivre de part les mers
Etre loin de lui, je ne pourrai m’y faire
Luc
Robert est bien venu, mais sans vous faire outrage
Luttez contre les mœurs, armez-vous de courage
Montrez votre engagement, sans parler de mariage
Fiancez-vous d’abord vous aurez mon suffrage
Isabelle
Vous avez dissipé ma seule crainte très cher Père
Clémentine
En comparant les miennes elle paraît bien légère
Marie-Laure
Les enfants je vous prie !…
Bastien
De toutes façons, Mère
Peu importe notre avis, de choix nous n’avons guère
Luc
Elevons le débat, osons imaginer
De quitter pour un temps nos vies prédestinées
Confortables, je sais, mais cependant limitées
Aux mots : performance, profit, efficacité
Ouvrons nos horizons, quittons cet engrenage
Partons à l’aventure vers de lointains rivages.
Rencontrer, parler, aimer, rêver sur une plage …
Voyez-vous, ce projet c’est bien plus qu’un voyage !