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Moustique

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L’arrivée à Moustique nous change des autres îles : le comité d’accueil habituel est absent. Pas de sollicitations diverses, ni mendicité, aucune concurrence acharnée pour nous vendre quelques fruits, nous approvisionner en eau ou nous débarrasser des poubelles. La seule visite que nous recevrons est celle du Harbour Master venant nous réclamer les US$75 de droit d’amarrage sur bouée. Ce prix est 3 fois plus élevé qu’ailleurs et explique en partie la faible fréquentation de l’île par les navigateurs. Nous découvrirons que ces taux prohibitif sont faits pour décourager les visiteurs de passage. En effet, Moustique est l’île des milliardaires par excellence, des stars du show biz…, qui viennent y passer quelques jours entr’eux et ne souhaitent pas être dérangés par la « masse ». Soit.

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Nous respecterons leurs souhaits mais nous ferons tout de même le tour de l’île en taxi en mitraillant chaque recoin comme de vulgaires paparazzi. Nous verrons de loin la maison d’untel, pape de ceci, nous croiserons la voiture d’un autre, roi de cela, nous apercevrons les chevaux montés par un membre de la famille royale…

A l’origine, l’île a été achetée et aménagée par un lord british pour servir de lieu de vacances à la famille royale et à quelques célébrités. Aujourd’hui, tout est géré ici par une seule société, qui est également propriétaire de l’île : la Moustique Company. Elle scolarise localement les enfants, envoie les étudiants dans les universités américaines et leur trouve un travail plus tard dans la Mustique Company bien entendu. Elle pourvoit à tous les besoins médicaux et à tous les approvisionnements ainsi qu’à l’aménagement de l’île et à l’organisation des loisirs de chacun.

Vous voulez une salade de langoustes à 3h du matin : la Mustique Company s’en charge ! Vous voulez organiser un pique-nique au Pole Nord pour 200 personnes : la Mustique Company s’en charge ! C’est plus que Big Brother ! Elle surveille tout, pense et agit a votre place. J’ai l’air de dénigrer, mais pas du tout, parce que finalement, tout le monde y trouve son compte. Les clients qui pourraient se prendre en charge ne le souhaitent pas, au moins pour le temps qu’ils passent sur l’ile. Quant aux autres, leurs serviteurs (sans être péjoratif), ils obtiennent de la Mustique Company infiniment plus que s’ils étaient livrés à eux mêmes. Un tel système ne peut fonctionner qu’avec de petits nombres : quelques centaines de personnes au service de quelques dizaines de célébrités richissimes (Mick Jagger, Tommy Hillfiger, Brian Adams, Shania Twain etc.) sur une île d’à peine 4 x 2km.

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L’été aux Antilles

Nous avons quitté la Martinique sous la pluie et laissé le mauvais temps derrière nous. Notre arrivée à Sainte Lucie sous le soleil nous conforte dans cette idée. A Saint-Vincent, encore du beau temps… nous espérons ne pas être rattrapés par les ondes tropicales dans notre descente vers le sud jusqu’ à la Grenade où nous allons chercher Fiona. Quelques haltes sur notre parcours, Tobago Cays entre autres…

Nous avons laissé Clémentine à la Martinique, Cécile avait rejoint la métropole précédemment. Le bateau nous semble un peu vide. Avec les filles, la famille était presqu’ au complet…

L’arrivée de Cécile à la Guadeloupe, nous a incité à visiter l’intérieur de l’ile : Ascension de la Soufrière, belles balades en foret. Nous sommes repassés aux Saintes, toujours aussi enchanteresques. Des ombres au tableau pourtant : entorse d’Isabelle, forte fièvre et maux de ventre de Cécile, tempête tropicale et mouillages agités.

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Bien sûr en ce qui concerne le temps, il fallait s y attendre, n’oublions pas que nous sommes en période cyclonique et que pour des vacances d’été, les petites Antilles ne sont peut être pas le lieu idéal et que l’an prochain il nous faudra trouver une autre destination. Le Costa Rica (un peu loin) pourrait en être une. Nous avons le temps d’y penser et de créer l’équipage…

En attendant, la mer est calme. Isabelle bronze à l’avant du bateau et Aurélien pêche des bonites …

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Saint Barth et Saint Martin

Nous avions bien entendu vu des photos de Saint Barth sur les magazines, maison avec piscine à débordement, vue mer, le tout de grand standing. Saint Barth, c’est bien ça, plus les boutiques de luxe, les grandes marques, les grands hôtels, les plages de sable blanc pas toujours visibles, souvent masquées par de hauts murs faisant rempart pour d’heureux propriétaires qui incontestablement ont vue sur mer. Peu de pittoresque à Saint Barth hormis les routes sinueuses et pentues.

Saint Martin montre une autre image. Côté français, du luxe bien sûr. Quelques jolies boutiques mais aussi la nonchalance des iles, queue d’une heure à la poste, pannes, bavardages, Rastas… Côté hollandais, immense zone détaxée à Philipsburg, paradis pour les acheteurs, caméra, appareils photos, P.C., montres, bijoux…

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Beaucoup de Hollandais viennent en vacances à Sin Maarten, pour la plus grande joie des promoteurs qui ne cessent de construire et bétonnent les côtes…

Nous préférons définitivement Antigua où nous sommes revenus après 18 heures de navigation au moteur, vent contre bien entendu. Mini a vomi son goûter, son dîner, tout y est passé …

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Antigua

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Antigua nous a conquis dès le 1er jour. Située à seulement 50 Mn au nord de la Guadeloupe, elle est restée pourtant très « british », n’ayant jamais été conquise par les Français.

Nelson en avait fait sa base pour sa flotte aux Caraïbes et son « repaire » a été récemment restauré. Imaginez  l’aristocratie britannique des West –Indies perpétuant les traditions navales de l’Empire  dans ces murs où rôde encore le fantôme de Nelson et vous aurez une image assez précise d’English Harbour, véritable chef d’œuvre d’architecture de guerre du XVIII ème  siècle.

Jolly Harbour à l’ouest est en plein développement, c’est le nouveau Port Grimaud des Antilles, où chaque maison possède son quai au bord de la lagune très bien abritée. De cet ancien marécage insalubre, les promoteurs sont en train de réaliser un ensemble tout à fait remarquable. Les mauvaises langues dénonceront un ghetto pour riches dans un océan de pauvreté et les écolos diront que le bétonnage du site naturel l’a défiguré.

J’imagine que les économistes répondront que le pays a besoin des investissements des étrangers fortunés et qu’on ne les attire pas avec du vinaigre ! De même, on répondra aux écolos que seuls les moustiques ont souffert dans ce projet, puisqu’auparavant cette zone marécageuse  servait de déversoir après les pluies diluviennes et de nursery  pour les moustiques.

Cela dit de nombreux projets immobiliers sont en cours de réalisation sur Antigua. Les écologistes sont très attentifs et ils ont raison : pour l’instant, développement et écologie semblent avoir trouvé un équilibre… Vigilance… Nous avons eu connaissance de quelques projets  scandaleux que les écolos ont fait échouer. Bravo!

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Nous devons avouer qu’Antigua nous plait au point d’envisager  l’achat d’un terrain sur l’Ile de Jolly Harbour et d’y construire une maison. L’avantage immédiat est que nous aurions une base d’amarrage sûre pour Malucat, l’autre étant bien entendu un endroit de vacances de rêve : golf, tennis à volonté, ambiance anglo-saxonne policée, innombrables plages de sable blanc  (la pub nous annonce 365 plages, 1 par jour !).

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Le développement à Antigua est très loin d’atteindre celui d’autres îles, les pessimistes disent qu’il n’y a rien à faire et qu’on s’y ennuie à mourir, les optimistes  vous disent que tout est à faire et que les possibilités d’entreprendre sont infinies… Avis aux amateurs…

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Une anecdote pour terminer. Nous passions une nuit au mouillage dans une crique déserte, en face d’une plage paradisiaque quand, au réveil, nous avons vu des traces de tortue luth qui était venue pondre pendant la nuit. Nous essayerons d’y revenir pour la naissance des centaines de petites tortues et de les protéger des prédateurs sanguinaires… On vous tiendra au courant en cas de succès !

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Martinique, Dominique et Guadeloupe

Nous sommes arrivés à la gigantesque Marina du Marin à la Martinique sous des trombes d’eau, rien d’autre à faire qu’attendre et rester sur le bateau ou descendre à quai s’incruster l’après-midi dans un bar où internet est gratuit pour les consommateurs. La pluie a occasionné des inondations et des éboulements, la vie s’arrête, tout est fermé, les magasins, le Mac Do, la poste, même l’aéroport. Nous attendons nos amis Guylaine et  Alain dans deux jours et le désalinisateur  est en panne ainsi que la machine à laver qui ne rend plus aucun service sauf l’essorage.

A leur arrivée, tout est rentré dans l’ordre sauf pour la machine à laver… il pleut toujours un peu mais nous pouvons entreprendre la visite de l’île, tel la Rhumerie Clément et nous promener sur les jolies plages de sable blanc.

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Cependant, nous ne nous attardons pas, il y a tant à voir et il faut bien naviguer un peu. Nous partons donc pour la Dominique. Notre ami Gérard nous accompagne sur Callypige.

En souvenir du bon veux temps, des randonnées du dimanche à vélo et des entrainements triathlon, nous décidons d’aller en courant ou à vélo (puisqu’il n’y a que 4 vélos pour 5) dans un lieu très touristique où tous les autres visiteurs et surtout les  croisiéristes  fraîchement arrivés du matin sur leur gros paquebot vont eux en minibus.

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 Nous sommes partis sous la pluie sur les pentes de la petite route menant aux magnifiques cascades de Trafalgar dans le Parc National. La balade est belle mais les vélos déjà mal en point, n’y résisteront pas.

Nous les apporterons donc au Décathlon de la Guadeloupe pour une grosse révision…  Là encore, ce fut épique. Alain s’en souviendra sûrement, lui qui avait hérité du vélo à une pédale. Luc, guère mieux loti avait le vélo sans chaîne. Bastien et moi supportions de moindres problèmes. Ne connaissant pas la route et n’ayant à certains moments pas le choix, nous longeâmes la voie rapide, côté route et derrière le parapet dans les herbes folles. Le retour s’effectua à la nuit tombée par le même chemin mais cette fois en courant. Bon !  Tout ça fait des souvenirs et quelque chose à raconter. De même notre dîner chez l’habitant dénommé «Ti-punch » à Roseau  (La Dominique).

J’allais oublier de vous parler des Saintes, ces petites îles au sud de la Guadeloupe. Nous y avons  beaucoup apprécié notre passage. Le mouillage calme, le village du Bourg nous a rappelé les villages méditerranéens de bord de mer avec ces jolies boutiques, sa place de la mairie, sa petite église…  

 En remontant la rue principale, Luc est tombé nez à nez avec l’acheteur de son premier cabinet de Malaussena , celui-ci vient  de s’installer aux Saintes. Le monde est petit c’est bien connu…

Nous avons quitté la Guadeloupe aussi rapidement que nous l’avions fait pour la Martinique afin de remonter  jusqu’à Antigua. Mais là, je m’arrête puisque Luc va vous en parler…

Je reviens donc sur les îles que nous avons passées un peu rapidement, nos départements français ne nous ont pas fait une grande impression, peut-être pensions nous retrouver la métropole ?… A priori, nous sommes loin de pouvoir trouver les services de celle-ci et d’en bénéficier mais ne jugeons pas trop vite, à la fin de l’été, nous vous en reparlerons.

Je tenais aussi à vous dire que dans le catalogue des pannes que nous subissons régulièrement, nous comptons celle de l’appareil photo, ne vous étonnez pas du manque de qualité des photos dernièrement prises et de celles à venir (pour un temps indéterminé) notre seule possibilité reste la fonction photo de la caméra …