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AMAZONE

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Remonter l´Amazone sur des bateaux locaux sur 1000 km nous tenait à coeur et nous ne voulions pas quitter le Brésil sans vivre cette expérience. Nous avons quitté le Rallye officiellement, avec 3 autres bateaux dont les équipages nous accompagnent dans cette aventure au coeur de l´Amazone.

Nous embarquons sur le Nelly Coréo pour une navigation de 2 jours et 3 nuits qui nous conduira à Santarem.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA         Nous avons réservé des cabines mais je préfère dormir sur le pont dans un hamac avec les autres passagers. Ce voyage est l´occasion de cotoyer une population des plus hétéroclites, le manque de place ajoute à la promiscuité et les orages successifs maintiennent une atmosphère humide permanente. L hygiène à la fin du voyage laisse vraiment à désirer et nous sommes soulagés d´arriver à Santarem.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA         Les villages que nous rencontrons sur notre route, vivent essentiellement de pêche et de cuillette et les navires montant et descendant l`Amazone remplis de voyageurs sont le moyen principal pour écouler leurs récoltes. Le problème est d´aborder les bateaux qui sont beaucoup plus rapides que leurs pirogues. Nous avons assisté à de nombreuses reprises à des séances d´abordage, dignes des commandos de marine qui nous ont stupéfaits. Les frêles pirogues , conduites  le plus souvent par des  enfants de 12-13 ans, se précipitent vers notre étrave. Au dernier moment, le barreur souvent une fille fait pivoter la pirogue, profitant de la vague d´étrave pour prendre de la vitesse. A ce moment, l´équipier à l´avant lance un grapin vers n´importe quelle structure du bateau pouvant l´accrocher. En cas de succès l´accélération est foudroyante et il faut rapidement amarer la pirogue en soulevant  son étrave sous peine de la voir rapidement se remplir d´eau. L´habileté et la témérité de ces enfants vraiment stupéfiantes étaient heureusement récompensées : ils vendaient en général rapidement leurs produits.

Arrivée à Santarem

A Santarem, un autre bateau beaucoup plus petit nous attend avec son équipage : le capitaine, un matelot, un guide et une cuisinière. Ce sera notre hotel et notre moyen de transport pendant les 4 jours que nous passerons dans la région. Au programme : OLYMPUS DIGITAL CAMERA

- une journée de marche dans la jungle avec un guide qui nous montrera toutes les ressources de cette forêt amazoniènne.

- une soirée dans une tribu d´Indiens où nous assisterons à un rituel ancestral.

Au crépuscule, des pirogues sont venues nous chercher pour nous mener à leur village à travers un dédale aquatique et après une marche dans la jungle à la lueur de flambeaux. Nous débouchons dans une clairière bordée de huttes et au centre de laquelle crépite un grand feu. OLYMPUS DIGITAL CAMERA         Il règne une atmosphère ambigüe, est-ce une mise en scène pour touristes ou est-ce une authentique cérémonie ? Nous resterons avec nos doutes jusqu´au lendemain où Jean-Pierre, un Suisse installé ici depuis 30 ans pour défendre la cause des Indiens et de la forêt amazonienne nous affirmera que la cérémonie  à laquelle  nous avons assisté la veille était bien authentique. Elle se tient tous les mois à la pleine lune et rend hommage à PUTAN, dieu de la forêt, de l´eau et de la fertilité, par des danses et des offrandes. Ces cérémonies, longtemps interdites par le gouvernement brésilien avaient lieu secrètement au plus profond de la forêt. Depuis quelques temps, les Indiens acceptent de les partager avec quelques touristes : c´est pour eux l´occasion de faire connaître au monde leurs causes, de vendre leur artisanat et de ne plus dépendre exclusivement des ONG.

Du reste de notre séjour en Amazonie, nous garderons surtout l´image d´un pays inondé. Il tombe quotidiennement des quantités d´eau impressionnantes qui feront probablement un jour la richesse de ce pays.

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SOURE

il faut faire avec la pluie       LE CIEL EST NOIR SUR SOURE

Depuis que nous sommes arrivés, il pleut, c’est le déluge. Nous restons avec nos vêtements mouillés que les k-ways et ponchos n’ont pas su protéger. Les habitants de Souré continuent de vaquer à leurs occupations sans se soucier de la pluie en se protégeant à peine, quelques parapluies pour les demoiselles, des enfants font du vélo en maillots, ici on fait avec… car à Souré, île de l’entrée du delta de l’Amazone, c’est la saison des pluies et en février, il pleut autant qu’en France toute l’année. Nous remplissons nos réservoirs de l’eau venue du ciel, c’est déjà ça.

histoire d eau           Nous avons mis 4 jours et demi pour venir ici depuis Fortaleza, 690 mn au portant avec quelques difficultés dues à de très gros grains…  nous avons navigué entre 30 et 40 mn au large et cependant rencontré une grande quantité de petites embarcations de pêcheurs équipées  de façon très rudimentaire ainsi que des petits chalutiers, la nuit il fallait les éviter et slalomer un peu. Nous nous sommes inquiétés quelques fois, les pêcheurs prenant des airs de pirates. Les bateaux arrivaient face à nous, s’écartaient à la dernière minute pour mieux nous suivre ensuite. Etaient-ils réellement mal intentionnés ou protégaient-ils simplement leurs lieux de pêche et leurs filets ?  Rien n’est sûr mais une fois, la poursuite dura pas loin d’une heure…

fazenda         A Souré, nous profitons d’un mouillage calme, à quelques centaines de mètres des dauphins roses à bosse ont élu domicile, aidés en cela par la population qui les nourrit. Le carnaval bat son plein et on peut tous les soirs y participer à condition d’avoir la tenue adéquate. Nous avons donc acheté des T-shirts verts avec une tête d’indien pour pouvoir nous insérer dans un groupe et avons essayé de suivre le rythme de l’orchestre, ce fut une très bonne soirée.

carnaval de Soure        Nous avons aussi beaucoup apprécié les deux jours que nous avons passés dans une fazenda, grande ferme de 600 hectares, 1500 vaches et 80 buffles. Là, nous avons vécu en osmose avec la nature, promenade à cheval, excursion sur la rivière pour mieux voir serpents, oiseaux, singes qui peuplent les lieux. Nous avons bien entendu goûté à tous les produits de la ferme dont le très riche lait de buffle…

buffle docile

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FORTALEZA

OLYMPUS DIGITAL CAMERA         L’étape de Fortaleza a été une étape très agréable au cours de laquelle nous avons apprécié le confort d’une marina 5* avant de reprendre la mer pour une longue étape de 700MN (1MN=1,852km) vers l’embouchure de l’Amazone à Belem.

Cette étape nous aura également permis de régler de régler tous nos problèmes techniques sur le bateau, souvenez-vous, nous étions partis précipitamment de Salvador pour rejoindre le Rallye du Soleil.

Et précisément elle aura été l’occasion de continuer à faire connaissance avec les autres bateaux du Rallye.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA         Quelques mots sur ce fameux Rallye : 30 bateaux, 80 membres d’équipages, partis d’Europe à la découverte du Brésil et de l’Amazone en particulier, en passant par les Canaries, le Sénégal, le Cap Vert… et bien sûr l’Atlantique. Naviguer en flotte a beaucoup d’avantages : sécurité, convivialité, entraide… mais aussi des inconvénients qu’il faut accepter : pas de choix dans les étapes…

Quant aux balades autour de Fortaleza, elles nous aurons emmenés vers le sud, découvrir de très beaux paysages. OLYMPUS DIGITAL CAMERA

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PARADIS SOUS-MARIN

         Fernando de Noronha est, je vous le rappelle une île que l’état brésilien a décidé de préserver de “méfaits du tourisme”. Tout est fait pour limiter le nombre des visiteurs (un quota journalier est imposé) et pour écourter leur séjour (taxe journalière dissuasive). De toutes façons, le conditions de vie n’incitent guère à des séjours prolongés. Eau, électricité, téléphone, internet, routes, voitures, hôtels, restaurants, banques … tout est en quantité limitée pour dissuader le tourisme de masse. Pour nous, voyageurs habitués au confort spartiate de nos bateaux, Fernando aura été une belle étape, surtout pour les amateurs de plongée et les “amoureux de la nature”.

Bastien a profité de ces 5 jours pour passer le PADI, diplôme de plongée sous marine: après 6 plongées entre 10 et 20m et quelques cours théoriques, le voici apte à plonger dans tous les clubs du monde. 19-bastien-et-le-requin_resize.jpg

Seuls points négatifs: une multitude de règles draconiennes et contraignantes sont imposées. Comme par exemple l’interdiction de nager avec les dauphins ou les tortues. Si on en rencontre pendant une baignade on doit sortir de l’eau ou faire comme si on ne les avait pas vus ! Avouez que c’est difficile ! Mais bon, disons que la protection de l’environnement est une bonne cause et que certaines contraintes sont indispensables

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DEPART POUR FERNANDO DE NORONHA

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Fernando de Noronha est un caillou posé sur l’Atlantique à 250Mn des côtes brésiliennes. Il paraît que c’est l’une des plus belles îles au monde. Nous l’espérons car l’atteindre après une navigation de 700mn et rejoindre par la même occasion le Rallye des Iles du Soleil nous aura beaucoup coûté.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA         Nous avons quitté Salvador aussitôt avoir reçu le fameux colis d’Afrique du Sud, en longeant les côtes contre vent et courant. Au bout de 4 jours de bataille (je vous rappelle que nous ne sommes que deux, dorénavant, pour assurer la navigation et les nuits sont particulièrement difficiles), nous touchons enfin des vents portants et décidons de poursuivre jusqu’à Fernando sans escale. La météo annonce des conditions parfaites, vents de 15 knts, à 90°- 120°, mer belle … Ces conditions auront duré 24h et l’euphorie de toucher au but après une longue traversée en équipage réduit commence à nous gagner. Bientôt finies ces nuits en pointillé, faites de quarts toutes les 2 h, finie cette solitude de plus en plus pesante (à 2, on ne fait que se croiser, l’un se lève quand l’autre se couche) . Pour Bastien aussi, cette arrivée est synonyme de réjouissance car il interrompra le CNED quelques jours et fera connaissance avec de nouveaux amis. Les moments difficiles ont été largement compensés par de nombreuses visites de dauphins. Une nuit, au plus fort de la tourmente, je les ai entendus s’approcher du bateau et m’encourager, j’ai pensé à Ulysse, envouté par le chant des sirènes! Comprenez-moi, à 3h du matin, quand on se bat contre les éléments déchainés, on n’a plus les idées très claires et on se raccroche à ce que l’on peut!

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Nous sommes tout près du but donc à 36h de Fernando quand Eole décide de contredire toutes les belles prévisions météo : 12h d’orages successifs, mer hachée, houle croisée, prises de ris in nombrables, manœuvres incessantes sous des trombes d’eau et par nuit noire…etc. Et pour finir à 4h du matin, plus de vent, Eole avait craché tout son venin. Nous finissons au moteur, 6heures exactement, alors que nos réserves de gasoil sont basses et que nous ne pourrons vraisemblablement pas refaire le plein avant de rejoindre le continent à Fortaleza.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA         Bref, cette traversée nous aura beaucoup coûté en énergie. Elle nous aura tout de même permis de poursuivre notre apprentissage : 700Mn à deux, c’est une première pour nous. Espérons que Fernando tiendra ses promesses …