DEPART POUR FERNANDO DE NORONHA

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Fernando de Noronha est un caillou posé sur l’Atlantique à 250Mn des côtes brésiliennes. Il paraît que c’est l’une des plus belles îles au monde. Nous l’espérons car l’atteindre après une navigation de 700mn et rejoindre par la même occasion le Rallye des Iles du Soleil nous aura beaucoup coûté.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA         Nous avons quitté Salvador aussitôt avoir reçu le fameux colis d’Afrique du Sud, en longeant les côtes contre vent et courant. Au bout de 4 jours de bataille (je vous rappelle que nous ne sommes que deux, dorénavant, pour assurer la navigation et les nuits sont particulièrement difficiles), nous touchons enfin des vents portants et décidons de poursuivre jusqu’à Fernando sans escale. La météo annonce des conditions parfaites, vents de 15 knts, à 90°- 120°, mer belle … Ces conditions auront duré 24h et l’euphorie de toucher au but après une longue traversée en équipage réduit commence à nous gagner. Bientôt finies ces nuits en pointillé, faites de quarts toutes les 2 h, finie cette solitude de plus en plus pesante (à 2, on ne fait que se croiser, l’un se lève quand l’autre se couche) . Pour Bastien aussi, cette arrivée est synonyme de réjouissance car il interrompra le CNED quelques jours et fera connaissance avec de nouveaux amis. Les moments difficiles ont été largement compensés par de nombreuses visites de dauphins. Une nuit, au plus fort de la tourmente, je les ai entendus s’approcher du bateau et m’encourager, j’ai pensé à Ulysse, envouté par le chant des sirènes! Comprenez-moi, à 3h du matin, quand on se bat contre les éléments déchainés, on n’a plus les idées très claires et on se raccroche à ce que l’on peut!

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Nous sommes tout près du but donc à 36h de Fernando quand Eole décide de contredire toutes les belles prévisions météo : 12h d’orages successifs, mer hachée, houle croisée, prises de ris in nombrables, manœuvres incessantes sous des trombes d’eau et par nuit noire…etc. Et pour finir à 4h du matin, plus de vent, Eole avait craché tout son venin. Nous finissons au moteur, 6heures exactement, alors que nos réserves de gasoil sont basses et que nous ne pourrons vraisemblablement pas refaire le plein avant de rejoindre le continent à Fortaleza.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA         Bref, cette traversée nous aura beaucoup coûté en énergie. Elle nous aura tout de même permis de poursuivre notre apprentissage : 700Mn à deux, c’est une première pour nous. Espérons que Fernando tiendra ses promesses …

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