Traversee De L’Atlantique

Bonjour à tous,

Enfin je peux vous donner des nouvelles de Malucat et de son équipage, notre nullité en informatique nous ayant empêché d’utiliser notre messagerie internet pendant la traversée. Vous l’aurez compris : NOUS SOMMES ARRIVES A BAHIA après 25 jours de traversée et 3900 nM parcourus depuis Cape Town , soit une moyenne de 6,5 knts !

« L’accouchement a été long, mais la mère et l’enfant se portent bien », pourrait-on dire dans d’autres circonstances ! Pour résumer avant d’entrer dans les détails (pour ceux qui sont pressés), je dirais que nous avons souffert les 10 premiers jours jusqu’à Sainte Hélène et qu’ensuite nous avons pleinement apprécié notre pain blanc.

LE DEPART

Il s’est fait dans le stress et la précipitation comme tous les départs. Nous n’avions pu essayer le bateau qu’une journée par temps calme, dans la baie protégée de Cape Town, c’est-à-dire très loin des conditions que nous allions rencontrer.

Les adieux à tous nos amis ont été émouvants, je ne peux par manque de place les remercier tous sans risque d’en oublier certains. Cependant, j’aurai toujours une pensée particulière pour Mariette du Yacht club dont la gentillesse et la disponibilité doivent être salués. God bless you, Mariette…

AVANT SAINTE- HELENE

Ce qui domine pendant ces dix premiers jours, ce sont les conditions difficiles auxquelles nous devons faire face : mer formée (creux de 4-5 m) , vent soutenu (25-35 nœuds), froid, fatigue, mal de mer, manœuvres fréquentes ( prise de ris…). Toute la vie semble tourner autour des quarts de nuit : les préparer en se reposant avant, essayer de se reposer après en attendant le suivant ! Pour éviter de trop longues stations debout dans les cabines (vomissement assuré) nous nous jetons habillés sur les couchettes. Avantages : on est déjà prêt pour le quart suivant et le panier de linge sale reste vide.

La nuit, le bateau est comme un camion lancé dans une descente sans frein et sans phare, les départs au lof et les empannages sauvages sont fréquents et redoutés malgré le pilote automatique qui fait ce qu’il peut. Quant à dormir paisiblement dans les cabines, on y a vite renoncé, c’était comme dormir dans une machine à laver, à essayer de distinguer les bruits normaux, des bruits inquiétants. Personnellement j’ai passé des heures entières à me demander ce qui allait casser en premier : une coque éventrée, un hauban qui casse, une voile en lambeau , un surf non contrôlé… Il me paraissait impossible qu’on s’en tire jour après jour sans dommage et pourtant si ! Notre record de vitesse a été battu (20,8 nœuds) avec 2 ris et un demi génois après un surf sur 2 vagues successives : un grand moment d’émotion.

APRES SAINTE- HELENE

L’arrêt à Sainte Hélène, pourtant programmé a été abandonné : nous voulions avancer pour trouver des conditions plus clémentes et … arriver plus vite. L’hommage à Napoléon n’aura lieu qu’en pensée. Effectivement, tout s’améliore rapidement avec un vent portant constant de 15 nœuds : nous mangeons enfin, dormons mieux, pêchons nos premiers poissons, l’ambiance se détend, on commence à bronzer. A mi- parcours, nous prenons des paris sur le jour et l’heure d’arrivée.

LES POINTS POSITIFS

Ils concernent essentiellement le bateau qui s’est remarquablement comporté dans ces conditions difficiles. Aucune avarie majeure n’est à signaler. Par petit temps (10-12 nœuds), avec génois tangonné à contre ou spi seul, le bateau avance encore à 6-7 nœuds. Autre point positif : l’équipage de bric et de broc que nous étions au départ s’est aguerri progressivement tout en restant soudé. Aucune fausse note n’est venue perturber notre détermination à faire avancer le bateau le plus vite possible.

LES POINTS NEGATIFS

Bien entendu quelques points négatifs, tous d’ordre technique sont à signaler :

  • La manille du point d’amure de la grand- voile explose dès le premier jour. On ne la retrouvera jamais. Dire qu’elle était supposée supporter des tractions de plusieurs tonnes !
  • Le guindant du génois s’est déchiré très vite également. Depuis il ne s’est jamais entièrement déroulé , mais ça tient !
  • La grand voile s’est également déchirée au niveau du premier ris lors d’une fausse manœuvre par gros temps.
  • Le spi a souffert et a nécessité quelques points de suture.
  • L’alternateur tribord n’a jamais bien fonctionné mais depuis peu il décharge les batteries, c’est un comble. Heureusement le bâbord marche, vive les catamarans.
  • Le dessalinisateur fait un bruit de truie qu’on égorge. On s’attendait au pire et à rationner le peu d’eau restant , mais il a tenu.

ANECDOTES ET FAITS DIVERS

  • La présence de phoques peu farouches très loin au large des côtes d’Afrique du Sud nous aura étonnés. Ce sont apparemment des colonies ne voyant jamais la terre( ou presque) de toute leur vie.
  • En voyant régulièrement des gens « penchés à l’avant de notre blanche caravelle, non pas pour regarder monter du fond de l’océan des étoiles nouvelles », mais plus pathétiquement pour vomir discrètement, Mathilde a tenté d’instaurer une compétition intitulée « LA GERBE D’OR » dont un jury d’internautes aurait désigné le vainqueur sur photo. Parmi les nombreux candidats potentiels (tous,sauf elle-même et le skipper) aucune inscription n’a été enregistrée …
  • Marie-Laure a essayé sans succès une nouvelle recette : la soupe à la levure, confondant un sachet de soupe aux champignons avec un sachet de levure. Le plus drôle est qu’elle a ajouté un deuxième sachet après avoir goûté sa mixture, parce qu’elle la trouvait insipide. Elle en a quand même bu la moitié avant de renoncer ! Raison excusable : c’était écrit en anglais.
  • Nous avons renoncé très vite à pêcher la première semaine car les seules prises étaient … des oiseaux. Certains s’en sont remis, d’autres non. Nous avons pêché par la suite un thon de 10 Kg, une magnifique daurade coryphène de 18 Kg et un barracuda de 6 Kg. Depuis nos cannes sont rangées. Au risque de mettre en péril la population de la daurade coryphène, je dois dire que c’est l’un des poissons les plus délicieux qui existe. C’est également l’un des plus beaux et des plus combatifs.
  • Des poissons volants sur le pont au petit matin n’étonneront personne mais que dire de calamars dans le cockpit? Ou de poissons volants entrés par le petit hublot des toilettes avec une vague ?
  • Le Monopoly, c’est bien connu, fait ressortir ce qu’il y a de pire en chacun. Certains, dont votre serviteur ont confirmé le bien fondé de cette règle , d’autres se sont révélés très forts également dans ce domaine. Un, cependant, ne semble pas avoir de mauvais en lui, c’est Patrice, j’ose le dire et l’écrire. Sa femme Lorna, doit être la plus heureuse des femmes.
  • Une baignade en plein Atlantique, par 3000 m de fond et dans une eau à 29°, après un arrêt forcé pour décrocher une ligne prise dans une hélice, restera également comme un moment important.
  • Pour information au sujet du pari : c’est Mathilde qui a gagné, elle avait pronostiqué l’arrivée avec une erreur de 2 heures seulement ( à 2 semaines du but, je vous le rappelle)

UN MOT SUR NOTRE SKIPPER , GRAHAM HARRIS

Jamais nous n’avons regretté d’avoir embarqué un skipper pour cette première traversée. Même les plus endurcis d’entre nous ont reconnu que , sans lui, l’aventure aurait eu un goût plus amer, pour ne pas dire plus salé … D’un tempérament très patient et très pédagogue, il nous a appris mille petites choses qui nous aideront dans les mois à venir. Bref, si quelqu’un cherche un skipper, je vous recommande ce vieux baroudeur, si haut en couleur et pourtant so … british !

6 Responses to “Traversee De L’Atlantique”

  1. Susan Armstrong

    Bonjour tous
    Great news to hear that you have made it across the Atlantic.
    Well done especially to Marielaure as I thought she was due to meet you after that potentially dangerous crossing!!
    Look forward to more news on your website.
    Best wishes from the Armstrongs of which there is now one more as Wendy gave birth to Jack James Stanley (!) on 16th October.

  2. David

    Salut a la petite famille…
    Je vous felicite… vous etes vraiment les plus fort…
    J’ai d’abord eu la bonne nouvelle par un mail d’alain et j’ai ete tres supris par la presence de Marie-Laure pour cette taversee. Mais ce petit bout de femme nous etonnera toujours… Tu as de la chance Luc….
    Je pense bien a vous et grace qu web, je partage un peu de votre merveilleux voyage…
    Bises et donnez-nous souvent des nouvelles

  3. jm Antoine

    Bonjour,

    Je cherche les coordonnées de Graham Harris. merci d’avance.
    Bon vent;
    jm Antoine

  4. aurélia

    Coucou les Perez ! j’espere que le temps est meilleur en Martinique. Comment vont mes petits vieux? Dites leur que leurs deux filles vont bien. On veut des photos ! Profitez bien. Bisous à tous.

  5. Roger Charles et Valérie

    Bonjour les antillais. Skype ne répond pas, alors on vous écrit un petit mot. Roger est venu à la rescousse encore une fois pour nous sortir de la pétaudière qu’est encore notre maison… il demande si vous voulez bien lui passer les points de permis dont vous n’avez manifestement plus besoin… réponse rapide SVP…. il n’en a plus qu’UN!!! On va lui prêter un vélo en attendant. Bon on voudrait des nouvelles plus fraiches que les faux poissons exhibés victorieusement alors qu’ils ont l’air de vieux leurres… pas pour nous en tout cas. On va fêter sans vous les 80 ans de Tante Yvette, avez vous reçu le discours sur peres03. Est ce la bonne adresse? Sinon ECRIVEZ nous de votre adresse.
    On pense à vous et on vous souhaite trois bonnes pêches (une chacun). Bises des toulousains et du pyrénéen de passage.

  6. chantal renard

    Toujours émerveillée par vos pérégrinations! grosse bise à vous et bon anniversaire tardif à Luc.Chantal

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