On ne peut pas tout prévoir!
On ne peut pas tout prévoir ! J’étais programmée pour partir fin octobre avec les enfants direction Salvador de Bahia. Mais fin août, l’Idée (encore une) s’est imposée d’elle-même. Je devais partir plus tôt. Traverser l’atlantique, profiter de ces quelques 20 jours de mer pour «Apprendre ». J’avais bien conscience de mes lacunes… J’oubliai donc mes craintes, le mauvais temps, on verrait plus tard. La décision prise, je n’avais plus que 3 semaines pour m’organiser. Temps trop court pour laisser une maison totalement prête à la location, vendre la voiture, résilier les divers abonnements, commencer les cours du CNED avec les enfants, etc … Il fallait être partout, je partis donc épuisée, l’émotion du départ ne faisant qu’ajouter à l’inconfort d’un stress déjà très grand.
Heureusement, m’attendait à Cape Town , un capitaine heureux de retrouver sa moitié, un équipage enthousiaste et un très beau bateau que j’ai tout de suite considéré comme une nouvelle maison, petite et confortable, conviviale avec son bois et ses couleurs chaudes.
Je garderai un bon souvenir de Cape Town où la semaine avant le départ s’est passée essentiellement à finir d’aménager le bateau. Ce qui veut dire, peu de temps pour le tourisme mais beaucoup pour apprécier la modernité et la diversité des grands malls, l’architecture néoclassique surprenante mais réellement plaisante. Je n’ai ressenti dans cette ville aucune insécurité…
Enfin, le 30 septembre dans la matinée, nous larguons les amarres et partons vent contre sur une mer formée. Fin d’après midi le mal de mer nous assaille. Les plus atteints ont rapidement recours au Scopoderme, le patch miracle, ça marche et les jours passant, chacun s’amarinera petit à petit. Le 1er octobre j’ai fêté mon anniversaire, à cette occasion j’ai fait un gâteau au chocolat, personne ne s’est jeté dessus…
Après 7 jours de navigation, il était toujours impossible d’ouvrir en entier le génois. Nous naviguions sous pilote automatique, celui-ci décrochait parfois, la prise de ris s’imposait, voir plus… Mais quel enthousiasme à chaque pointe de vitesse : 14,6, 17,2, 20,8 nœuds.
La pêche fut infructueuse jusqu’au 13ème jour où Luc pêcha tôt le matin, un thon d’une dizaine de Kilo. La 2ème prise fut une magnifique daurade coryphène (1,48m de long) que Patrice remonta au bout de ¾ d’heure de bataille. Nos cordons bleus de Nouméa, Mathilde aux fourneaux et Olivier à la découpe s’activèrent tout de suite en cuisine.
Jeudi 16, l’air se réchauffe enfin, nous pouvons penser à sortir les shorts et T-shirts et penser à bronzer un peu … le 17, pour la première fois, nous mettons le spi, grand évènement qui nous prend du temps, spi d’un côté, de l’autre, finalement ce sera spi tangonné à contre, nous avancerons à 6 nœuds. Il fait très beau, nous sortons les maillots.
Les derniers jours de traversée furent tranquilles : soleil, chaleur, une eau à 30°. Nous avancions à jamais moins de 7 nœuds, le spi asymétrique monté en spi symétrique le plus souvent sans la grand voile. Dernière pêche, la veille de notre arrivée, un petit barracuda de 6 kg, une dernière partie de carte dans le carré que Graham notre skipper, vieux loup de mer australien ne manque pas d’inonder d’un flot musical et nous voici à bon port le 24 octobre en début d’après-midi.
Passage à la douane et formalités diverses ont occupé le reste de la journée, le soir, malgré la fatigue, nous sommes sortis dans la vieille ville fêter notre arrivée, plats typiques, musique, danse … Les brésiliens nous sont apparus sans complexe et avec un grand sens de la fête. Petit bémol : l’insécurité, Graham a eu affaire à des pickpocket s par deux fois, mais a pu heureusement récupérer son dû.
Mais dans tout cela, avais-je « Appris » ? Peut - être pas, mais c’est certain, j’étais plus à l’aise, j’avais le pied marin et le risque de prendre l’écoute de grand voile pour la drisse de grand voile, de lofer au lieu d’abattre, voire de risquer un empannage semblait moins probable… Même la barre était devenue un peu plus contrôlable.
Maintenant un petit mot pour notre équipage. D’abord un grand merci à chacun pour avoir été là. Sans vous, tout aurait été moins facile, les repas moins savoureux et l’ambiance moins joyeuse. Merci à Graham pour sa patience face aux bons et moins bons élèves que nous avons été. Merci, de nous avoir appris, la bonne utilisation des instruments de bord, tous ces cadrans qui nous sont devenus enfin familiers, l’entretien des moteurs, les petits trucs et astuces … tout ce qui pouvait nous être utile et faciliter le reste de notre voyage.
Hello la petite famille,
Felicitations a vous 2 pour ce grand début d’aventure.
ML, si on m’avait dit que tu partais pour traverser l’Atlantique avec ton capitaine, je ne l’aurais pas cru. Et pourtant, vous l’avez fait tous les 2 !!! Felicitations, c’est le premier pas le plus difficile, le reste viendra tout seul.
Maintenant il ne tiens qu’a vous de découvrir ces horizons nombreux et variés qui vous attente au bout d’un océan, d’une côte, prés d’une ile.
Faites découvrir le monde à vos enfants, c’est un cadeau immense, qu’ils n’oublieront pas.
Yannick
PS: Pour Luc. Malheureusement Shadowfax bat WildThing lors des deux dernières régattes et décroche le pompon en devenant le nouveau champion du chalenge AHM ;).
Luc,
As-tu teste tes nouvelles chaussures “five fingers”?
Bises
Matoche
Clementine, ta présence et ton don pour les catastrophes (Susan) nous manquent sur la côte. En tout cas tu as l’air rayonnante, j’espere que tu t’éclates.
J’espere aussi que les cours sur le CNED, c’est pas trop dur =p.
Et surtout, n’oublies pas, vis cette aventure à fond (sa se refera pas deux fois je pense) et n’oublies pas qu’on t’aime.
<3