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SURINAM

la-hollande-en-amazonie_resizeAvant de quitter le continent pour les Caraïbes, nous avons pensé qu’une dernière étape sur notre route pourrait nous amener au Surinam. La découverte mais aussi l’intérêt d’une halte dans notre navigation initialement de 4 jours nous a motivés. Nous avons bien fait ! Dans le post sur la Guyane, Luc vous parle du Surinam en termes élogieux. Il est vrai que cette ancienne colonie hollandaise indépendante depuis 1975 semble avoir gardé le meilleur du temps de la colonisation et évolué favorablement ces dernières années tant sur le plan économique que social.  Ce petit pays est surprenant par sa diversité, ici se côtoient Hindous, Noirs Marrons, Créoles, Chinois, Amérindiens, Javanais, quelques européens et autres. La mosquée et la synagogue se touchent ou presque, une grille les sépare, toutes les religions sont représentées dans la plus grande tolérance.                          

Le long des rues, des commerces encore des commerces, on trouve de tout ici et surtout de la contrefaçon, des sacs, des bijoux, des vêtements, certaines grandes marques de friandise ont même été copiées… shopping-sous-la-plue_resizeOn peut en être outré, catastrophé  et pourtant rester admiratif devant des finitions parfaites et même être tenté d’acheter en se disant que l’observateur moyen pensera que c’est un « vrai »… (Soyez rassurés nous avons su résister)  Pour couronner le tout, les prix sont ridiculement bas : 1€ = 3,69 SRD (dollar surinamien).

Les plaisirs de s’arrêtent pas là, puisque nous sommes dans un pays moderne où de grands hôtels ont vu le jour et nous pouvons bénéficier des infrastructures de l’un d’entre eux  notamment des cours de tennis pour la plus grande joie de Bastien.  

Nous ne nous pouvons nous attarder plus longtemps, à notre arrivée, la police nous a donné l’autorisation de rester sans visa pendant  48 h, nous quittons donc Paramaribo, la capitale, ses belles demeures hollandaises pour  voguer  vers les eaux claires des CARAIBES.

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GUYANE

port-de-desgrade-de-cannesVous parler de la Guyane en des termes élogieux m’est difficile. En effet, à l’heure où j’écris ces lignes, nous avons déjà visité le Surinam, pays voisin encore appelé Guyane Hollandaise, qui mérite davantage nos éloges. Ces 2 pays, comparables du point de vue géographique, population, ressources… suivent des voies totalement différentes sur le plan politique. L’un est sous perfusion avec une armée de fonctionnaires payés par la métropole et un bataillon de Rmistes également payés par la métropole. Le résultat est un pays, pardon un département assoupi, où les prix sont artificiellement  élevés et dont l’avenir dépend entièrement de Paris. L’autre s’est offert une révolution après le départ des Hollandais. Du sang et des larmes est né un pays prospère, où personne n’est assisté et donc tout le monde travaille. L’entreprise privée y est  encouragée, les prix sont très bas. Le résultat est sans appel : la prospérité du Surinam fait plaisir à voir et plus que tout leur avenir est entre leurs mains, mais… je déborde de mon sujet, Marie-Laure vous en dira plus dans un prochain post.

port-de-cayenneRevenons donc à la Guyane Française. Notre première surprise est de découvrir la « marina » si loin de Cayenne (15km), perdue au fond d’une rivière et pratiquement coupée du monde. Nous apprendrons plus tard que le port de Cayenne est totalement envasé, bientôt personne ne se souviendra du dernier bateau ayant accosté ici.

La marina est un peu à l’image du pays : on reçoit sans rien donner, c’est-à-dire que les occupants exigent la place, l’eau, l’électricité et se sont regroupés … pour ne pas payer !!! Les autorités ont depuis longtemps renoncé à exiger le paiement des droits de passage mais continuent à fournir gratuitement  l’eau et l’électricité à tous. En fait, ce n’est pas tout à fait vrai : il paraît que les étrangers, surtout les Anglo-saxons, font l’effort d’aller à la capitainerie et sont assez c… pour payer alors qu’on ne leur demande rien, dixit un occupant-clochard, là depuis 6 ans… ! Consternant, non ? bateau-ventouseLe résultat est bien entendu ubuesque. Des bateaux- ventouses s’accumulent sur les pontons, deviennent peu à peu des bateaux- poubelles puis des bateaux- épaves. Les occupants sont en voie de clochardisation avancée et on sent tristement que beaucoup ne repartiront  jamais. Cette situation  a aussi attiré des pêcheurs brésiliens qui en ont fait leur base et qui occupent gratuitement une bonne partie des places, tout en vendant leurs poissons à des tarifs européens.  Vous l’avez compris, les places au ponton si recherchées pour l’eau et l’électricité  sont introuvables, sauf en s’imposant à couple d’un squatteur et en provoquant à coup sûr son irritation.

Cayenne

Nous avons  longtemps cherché le centre ville la première fois  à vélo, non pas que la ville soit grande mais aucun quartier ne semblait avoir l’animation ou la configuration d’un  centre ville. Ce détail mis à part, nous avons tout de même beaucoup apprécié de parler français et de retrouver des produits bien de chez nous. Je ne peux cependant  m’empêcher de comparer  le français sommaire, première langue des  Guyanais  avec l’ anglais, 2ème ou 3ème langue des Surinamiens. Le Mammouth (l’Education Nationale) n’a apparemment pas la solution. Je vous livre le résultat entendu à la radio d’un sondage auprès de jeunes Guyanais sur ce qu’ils aimeraient  faire plus tard : beaucoup ont répondu RMiste  comme  leurs parents ! On comprend mieux que le Mammouth s’arrache les cheveux…

Centre spatial de Kouroucentre-spatial-guyanais_resize1

La visite du centre spatial et du musée de l’espace nous ont beaucoup impressionnés. Dommage que nous n’ayons  pas pu assister à un lancement d’ Ariane 5, le prochain est prévu pour mi-mai, c’est très loin. Nous en repartons avec un sentiment légitime de fierté. Petit bémol cependant : le programme européen tourne essentiellement autour du lancement de satellites de communication  /  observation. C’est bien mais où est la part du rêve ? Les Américains nous avaient fait rêver avec Apollo, Baudry réclame depuis des années un programme ambitieux, fédérateur, la conquête de Mars par exemple. Il a probablement raison.

Visite de Cacao-village Hmong

Les Hmongs sont un peuple originaire de Mongolie. Au cours des siècles, ils ont migré à travers l’Asie, principalement en Chine et dans la péninsule Indochinoise. Au Laos, ils habitaient les régions montagneuses où ils étaient  des agriculteurs pacifiques, alliés des Français puis des Américains. A la chute de Saïgon, en  1975 le Viet-minh  programme leur extermination, la communauté internationale s’émeut, comme on dit, et la France leur offre l’asile… en Guyane où quelques milliers  d’entre eux s’installent en 1977. Ils y fondent plusieurs villages et prospèrent en vivant de l’agriculture et de l’artisanat. marche-hmong_resize1Visiter un de leur village perdu dans la jungle a été un moment inoubliable. On se trouve tout à coup plongé en Asie, avec cette atmosphère si particulière. Ce sont des travailleurs infatigables, on le sait mais malheureusement leur prospérité risque de faire des jaloux. En tout cas, Giscard a été bien inspiré de les accueillir en Guyane plutôt que dans une de nos banlieues, ils y sont bien plus heureux !

Les îles du Salut – le bagne cimetierre-de-iles-du-salut_resize1

Les îles du Salut (île du Diable, Saint Joseph et Royale) constituent un petit archipel à 12 km de Kourou où étaient déportés les « indésirables » pendant environ 1 siècle. C’est avec  émotion  que nous avons visité ce qui reste des installations du bagne. Deux sentiments opposés m’obsèdent tout au long de ces 2 jours de visite. Le premier est négatif, dans notre mémoire collective, le bagne est synonyme de honte, d’échec complet de la politique carcérale de l’époque, le monde occidental nous reprochant cette verrue honteuse jusqu’en 1946. Le second sentiment est que cela aurait pu être un succès. Après  tout les Anglais à la même époque déportaient leurs « indésirables » en Australie et on voit aujourd’hui les descendants de ce peuple de bagnard qui ne se porte pas si mal. Alors pourquoi cet échec en Guyane ?  Le climat, les maladies tropicales ont fait des ravages, c’est sûr mais à part ces aspects, les conditions de vie ne paraissaient pas pire que les prisons de métropole de l’époque. Les travaux forcés consistaient essentiellement à aménager les îles : routes, chemins, bâtiments, hôpital, église, école… La construction même forcée de tous ces bâtiments était-elle pire que l’oisiveté et la solitude dans une cellule dans une prison classique ?  Je me hasarde à une tentative de réponse à l’explication de cet échec : peut-être a - t-il manqué dans ce projet de réinsertion  qu’était le bagne où l’on bénéficiait d’une semi- liberté tout simplement la présence de femmes ?
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PASSAGE DE L’ EQUATEUR

Ce grand évènement pour les nouveaux marins que nous sommes,  n’a pas été fêté comme il ce doit.

Il faisait nuit, la mer était houleuse, il y avait des rafales jusqu’à 30 nœuds, nous naviguions au près, l’inconfort prédominait. Luc avait une fièvre de cheval (nous suspections la dengue), Bastien  dormait et j’avais un furieux mal de tête…

Le passage de la ligne passa inaperçu sur plusieurs miles aux malheureux que nous sommes. ..

J’avais imaginé tout autre chose : sous l’équateur on était bien entendu en maillot, il faisait beau et chaud et jour aussi. Je ne portais pas une polaire et ne cherchait pas à m’emmitoufler dans un sac de couchage pendant mon quart…